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La Dépression n’est pas un Déficit de Sérotonine – PhysikAthletik

La Dépression n’est pas un Déficit de Sérotonine

La dépression est un phénomène multi-factoriel complexe, on a longtemps pensé que la cause était un déséquilibre entre dopamine, sérotonine et noradrénaline et certains en sont venus ajouter à cette liste, le glutamate.

La théorie derrière ce modèle de la dépression c’est l’hypothèse des monoamines, qui date de 1969.

Cette hypothèse, malgré sa popularité, connait pourtant des “limites” puisque seulement environ 20% des patients réagissent bien aux traitements qui ciblent la sérotonine (les fameux SSRI.)

En fait, cette hypothèse des monoamines est en passe de devenir totalement obsolète.

Une observation intéressante a été faite sur plusieurs groupes de gens dépressif et on distingue assez facilement les patients qui ont toujours été déprimés vs ceux dont les épisodes dépressifs ne se sont manifestés que sur le tard.

Malheureusement, il est difficile, selon la théorie des monoamines, de justifier de tels différences entres ces groupes de personnes.

Une autre constatation jette une lumière différente sur le sujet.

On a observé une comorbidité fréquente entre le diabète, le syndrome métabolique, la haute pression et dépression.

Autre fait intéressant, plusieurs chercheurs ont remarqués que le traitement pour soigner l’hépatite C, l'interféron-Gamma ou IFN-γ (une cytokine pro-inflammatoire) provoquait chez les patients des symptômes de dépression alors qu'aucun d'entres eux n'étaient dépressif avant le traitement.

Que vient faire l’inflammation dans cette histoire?

L’inflammation est, comme vous le savez, un processus protecteur, naturel et désirable. Les problèmes (nombreux!) surviennent lorsque l’inflammation devient chronique.

De même, la dépression est protectrice et désirable dans certaines circonstances.

Un animal blessé adopte un comportement particulier:

  • Il évite les interactions avec ses congénères,
  • Il s’isole
  • Il diminue ses mouvements.

Ce qui est logique quand on pense qu’il doit se reposer pour guérir et s’isoler pour (certainement) éviter de contaminer ses congénères.

On a observé le même phénomène chez les humains avec la vaccination contre la typhoïde:

  • humeur maussade,
  • diminution des interactions sociales,
  • perturbation du sommeil
  • anhédonie (perte de plaisir).

Le problème est comme toujours lorsque l’on passe de phénomène aiguë à chronique.

Mais justement que se passe t’il?

La recherche a découvert une voie métabolique intéressante dans le cadre de la dépression: la voie de la kynurenine.

Cette voie métabolique représente environ 95% de la dégradation du tryptophane alimentaire (TRYP) qui n’est pas utilisé a des fins anabolique.

En fait le TRYP a 4 destinées métaboliques.

Voici les 2 qui nous intéressent.

1 – Il devient sérotonine puis mélatonine (environ 1%)

2– Il s’engouffre dans la voie de la kynurénine pour donner au final du NAD.

Voici un visuel de deux voies métaboliques du TRYP

Donc, 95% du TRYP part dans la voie de la kynurénine dans une situation tout à fait normale et asymptomatique.

Mais ce processus engendre des métabolites qui, si dans un environnement propice, sont majoritairement néfastes.

En fait, les problèmes surviennent en situation d’inflammation. Dans ces cas, ce qui se passe est tout à fait différent.

Voici ce qui se passe en situation de stress et d’inflammation

Toute réaction dans le corps humain est gouvernée par des enzymes. Les deux enzymes qui contrôlent la voie de la kynurénine, soit le IDO (IDO1 et 2 en fait) et le TDO.

Elles sont respectivement activées par les cytokines inflammatoires et le cortisol.

La voie de la kynurénine produit des métabolites qui vont s’avérer défavorables du point de vue de la dépression.

Sans rentrer dans les details, disons que tous les métabolites de cette voie sont tous globalement neurotoxiques.

Il y certaines subtilités qui n’ont même pas été totalement élucidés notamment au sujet du KYNA.

Pour la petite histoire l’acide kynurénique, (KYNA) a une action neuroprotectrice qui s’oppose à celle de l’acide quinolinique (QUIN.) puisqu’il est un antagoniste des NMDA.

Mais s’il a des propriétés neuroprotectrices qui semblent lui donner un air de sainteté,il est en fait néfaste quand sa concentration est trop élevée.

On le retrouve en trop haute quantité chez les schizophrènes du principalement au mauvais fonctionnement d'une enzyme de la voie de la kynurénine.

De plus, le KYNA va interférer avec la relâche de dopamine en antagonisant les récepteurs nicotiniques de l’acétylcholine.

Mais globalement le grand méchant de l’histoire reste le QUIN - L’acide quinolinique

QUIN

C’est le pire de tous les métabolites.

Il augmente la relâche de glutamate et inhibe sa recapture.

Le glutamate est un élément neurotoxique à hautes concentrations. Voyez-le comme un lion qu’on aimerait garder en cage.

L’agoniste du glutamate QUIN 1/4 est aussi actif que NMDA et égal au glutamate et aspartate mais… il s’élimine moins facilement.

Une partie va rester et stimuler le récepteur.Cette situation crée des dégâts.

L’affinité particulière pour deux sous-types de récepteurs NMDA implique que les dégâts sont plus grands dans les régions de l’hippocampe et du stiratum.

Ces mêmes régions qui sont identifiées comme étant plus actives chez les individus déprimés.

Le problème avec le QUIN, c’est qu’il est plus facilement formé qu’il n’est éliminé. Il a donc tendance à s’accumuler joyeusement.

QUIN va aussi créer des modifications structurelles parmi les neurones, notamment au niveau des cellules Tau. On peut les décrire comme les échafaudages du cerveau.

Elles sont impliquées dans les maladies neuro-dégénératives telles que l’Alzheimer et semblent aussi avoir des liens avec l’immunité.

Indépendamment des récepteurs NMDA, QUIN crée du stress oxydatif. Quand on sait que le cerveau est 60% de gras… ce n’est pas une bonne nouvelle.

Il va également nuire au bon fonctionnement des mitochondries par la création de radicaux libres. Enfin, il semble modifier le profil d’antioxydants, notamment le glutathion, le zinc, et le superoxyde dismutase dépendant du cuivre.

Mais que pouvons-nous faire à notre niveau pour calmer un cerveau en feu?

Il faut d’abord s’assurer que notre apport alimentaire en B6 est suffisant.

En effet, les branches de la voie kyrunenique dépendent de la présence en B6. Si seule la branche principale est active, le QUIN va s’accumuler encore plus vite et rapidement dépasser la pouvoir de l’enzyme qui transforme le QUIN en NAD.

Consommer suffisamment de magnésium car le magnésium est indispensable au bon fonctionnement de l’enzyme (QPRT) qui converti le QUIN néfaste en NAD bénéfique.

Évidemment, en premier lieu, il faut surtout lutter contre l’inflammation chronique en générale et le stress.

Ce sont les deux moteurs des enzymes responsables de l’enclenchement de la voie kynurenine.

Donc on va privilégier le sommeil et éviter d’ajouter des stress inutiles.

 

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